01 juin 2008
SUNNY DAWN
Une surprise pour le moins inattendue. Il a suffit d'un geste, d'un regard pour que tout soit neuf ; nouvelle rencontre, nouvelle destination.
Elle essaye d'éviter d'entendre le vibreur de son téléphone rangé dans son sac.
Il tente de faire ralentir le temps en évitant de regarder sa montre. Car là est le paradoxe : le temps suit son cours alors qu'ils veulent l'arrêter.
" If I fall for you what will you do ? "
Une marée de pensées déferle tel un tsunami dans ma tête, tourbillon de bonheur qui embrase mon coeur d'une nouvelle mélodie. Une fraîcheur revigorante, unique, ressource mon âme de jeune poète, à l'instar de ma plume qui reprend du service sans peiner. Bloqué par mes précédentes rencontres-relations une évidence est ici mise en valeur : cette fille est tout sauf semblable aux autres. La pression de ses lèvres sur les miennes reste ancrée en moi telle cette odeur de coquelicot que mon odorat se plaît à sentir. Son regard emeraude, lorsqu'il est fixé sur moi, réchauffe et dissipe quelques vestiges d'appréhension que je pourrais avoir quand à la création d'un nous. Car ce nous prend une valeur positive.
20 mai 2008
L'INSTANT
Je me rapproche d’elle, sentant mon pouls battre une
cadence frénétique que je n’avais plus ressentie depuis fort longtemps. Cette
cadence qui ne cesse d’augmenter à mesure que son visage se rapproche du mien,
ses mains tendues vers moi comme un besoin de tendresse contenu depuis bien
trop longtemps. Vêtue d’une robe légère et de petites ballerines, un léger
maquillage en guise de séduction, séduction elle-même opérée sans artifices
depuis le début de leur rencontre.
Son parfum m’emporte, fragrance de fleurs qui semble
transformer les immeubles environnants en une plage dépourvue de touristes. Une
fois sa main touchant ma joue le contact m’électrise, ralentissant mon pouls
pour laisser place à une émotion beaucoup plus imposante : le plaisir.
Plaisir de la vue, du toucher, de l’odorat. Son regard, ses mains, son odeur.
Profond. Douces. Envoûtante.
A mesure que je prends conscience des sentiments que j’éprouve envers elle je sens ses bras autour de moi, sa joue contre la mienne, ses mains caressant docilement mon dos. Tendre, protectrice, rassurante ; apaisé comme jamais je lui rends la pareille, là où les paroles semblent bloquées seuls les gestes sauvent le dialogue, suppléent de futiles mots adressés par maladresse lorsque l’on veut parler à quelqu’un avec sincérité.
Elle s’écarte de moi, me regarde encore et nous
restons bloqués l’un et l’autre, les secondes peinant à s’égrener comme si
elles voulaient faire arrêter le temps.
Je la trouve irrésistible, elle et sa personnalité
unique, elle et son attention à mon égard. Enfin la voilà devant moi, prête à
m’accepter, mes qualités comme mes défauts. Je sens des larmes d’émotions
monter à mes yeux, j’ai envie de pleurer de joie, pas pour faire exprès de
l’émouvoir mais pour qu’elle sache que je peux être fort comme je peux être
fragile.
Elle la sent cette perturbation comme elle me serre
encore plus fort dans ses bras, comme pour me réveiller d’un cauchemard et me
dire que je suis en lieu sûr, ce qu’elle souligne lorsqu’elle me murmure
délicatement à l’oreille je suis là.
Rassuré, confiant, heureux, optimiste, je sèche d’un
revers de main mes yeux embués et me satisfais d’un de ses sourires qui savent
me remonter le moral.
Nos lèvres s’ouvrent et se referment à mesure que nous nous regardons, attendant l’instant crucial. Les secondes se bousculent dans ce moment intime et si simple…
13 mai 2008
MARTIN
Le temps est incroyable : un ciel dégagé absolument
bleu, un horizon qui se marie délicieusement avec cette mer qui scintille,
telles une multitude de petites étoiles qui s’allument et s’éteignent. Il fait
beau, il fait bon, nous ne sommes pas encore en été mais en cette journée
chaude et bienvenue on s’y croirait presque. Et une certaine joie s’empare des
visages des gens qu’il croise, une joie agréable, sans un méprisable regard
hautain, une joie qui à elle seule enfouit au plus profond d’eux leurs
problèmes. Tel un effaceur sur leur tracas ils se baladent, ces gens, en
famille ou seuls, prenant l’air marin à pleins poumons, oxygène indispensable à
l’apaisement. Ils se promènent, discutent et rient. C’est plaisant à voir, on
irait même jusqu’à déceler une certaine… jalousie. Jaloux de quoi ? Leur
bonheur ? Qu’à cela ne tienne, Martin se sent heureux. Les mains agrippées
au guidon de son vélo, il contemple l’espace d’un instant cette vue qui s’offre
à lui. Un panorama presque idyllique, empreinte de la splendeur du paysage, qui
se dévoile naturellement sous le tempérament fougueux du soleil. Que demander
de plus si ce n’est que de prendre le temps de vivre sans avoir à se soucier de
problèmes minimes ?
Il chasse d’une seconde à l’autre cette question qui aurait
pu nuire à sa félicité et reprend la route, accélérant sur le boulevard de la
Mer, les idées bien en place, ses lunettes de soleil bien accrochées en haut de
son nez. Il aime la vitesse, il aime quand ça bouge, il aime être actif. Martin
va même se rendre jusqu’au port pour aller dire bonjour à des connaissances et
boire un café sur la terrasse de leur bar-restaurant. Regarder les pêcheurs
revenir avec une grande cargaison de poisson. Accueillir sans peine d’un regard
la baie et les villes au loin. Des souvenirs lui reviennent, des bons comme des
mauvais. Du bonheur, de la douleur. Tout ça fait d’une existence une histoire
qui continue.
Souriant timidement, puis avec envie, sourire croquant la
vie à pleines dents, il réalise qu’il est encore jeune et a tellement de choses
à découvrir. Alors il laisse la monnaie sur la table, s’empare de son vélo et
pédale vite, très vite, pour rencontrer de nouvelles destinations…
08 mai 2008
PRINTEMPS
Une frivolité naïve qui égaie de tout son kaléidoscope de couleurs une sensation de renouveau, de simplicité, de naturel.
Une fraîcheur qui s'étale avec vitalité sur cette conscience reposée, prête à accueillir avec délice une douce brise.
Apaisé, souriant, c'est en ce printemps et ce nouveau soleil qui repose sur mon âme et en mon sein que je peux tendre mes bras au ciel, contemplant sans vergogne des cieux qui m'apparaissent cléments. Ces nuages qui furent un temps gris sont bien loin derrière, relations tumultueuses n'aboutissant à rien de concret.
C'est l'image d'un jeune homme épris d'une fougue intérieure que l'on peut retenir. Dans ce jardin, lieu de calme et de plénitude, tête baissée et poing levé, affirmant sans complexe son état d'esprit. Balayés les doutes et ce trop plein de questions restant en suspens qui ne cessent de tarir ce fleuve de joie de vivre, fleuve de joie de vivre qui s'écoule dans chaque veines et artères d'un sang optimiste.
Dans cet océan de confiance qu'est son regard, les pièces du puzzle sont désormais toutes reliées entres elles.
Une vie qui vient de débuter, et une attitude bienveillante en regardant tout ce qui s'est déroulé.
Une vie sans cesse en perpétuelle action.
Ma vie.
01 mai 2008
MOUVANCE NOCTURNE
Au sein de la nuit, c'est l'esprit qui travaille, agité par de multiples pensées. Des idées, des souvenirs, des projets, des fragrances, tout un monde abstrait sollicité lors de moments d'intenses réflexions. Ces infimes parcelles de songes sont autant des marqueurs que des repères sur le fil d'une existence. Et qu'elle est vaste cette existence...
30 avril 2008
AU MARCHE
C'est parce que sa mère lui a demandé deux ou trois petits services qu'il s'est rendu dans la ville de Matignon, petite bourgade costarmoricaine paisible située à quelques kilomètres en-dessous de Saint-Cast. Le temps maussade de la matinée ne semble pas vouloir se lever, aussi il n'y prête pas plus d'attention et s'engouffre au sein des badauds du marché du mercredi matin. C'est dans ces échoppes mobiles qu'il redécouvre cette définition du petit peuple, des personnes vivantes, vraies, qui font leur petites emplettes sans le soucis de se sentir pressé par le temps. Car s'il est une définition du temps en ville, il en est une autre en campagne : les gens prennent le temps, et ça se voit. Des hommes qui discutent, une baguette de pain sous le bras, avec dans leurs mains des sacs de charcuterie ou de galettes saucisses. Des femmes tenant la main de leur progéniture, discutant de la pluie et des aléas météorologiques. Les petites dames âgées qui traînent derrière elle leur cabas rempli de victuailles riches en vitamines et autres nutriments. Enfin les camelots, présents malgré le vent qui souffle et qui fait vibrer leurs étalages de nourritures fraîches, donnant le sourire aux promeneurs en braillant leur prix à tue-tête.
Toute cette agitation matinale réveille en lui cette simplicité qui se perd au fur et à mesure que le temps passe. Tout ce côté chaleureux et convivial qui est unique et ne se trouve qu'au sein de ces marchés. Tel une bouffée d'air frais hebdomadaire dans la vie de la petite bourgade, elle l'est également dans l'esprit du jeune homme. Comme si la population se connaissait, comme si les gens s'aimaient et n'avait aucune animosité envers certains, c'est ce constat qu'il fit lorsqu'il songea aux grandes villes où les gens s'ignorent, sont égoïstes et ne pensent qu'à eux-mêmes. Ici, c'est presque comme une famille.
Son repas du midi dans un sac, son magazine à la main, c'est avec un sourire qu'il continue sa ballade, s'arrêtant ça et là pour regarder les étalages, appréciant la chaleur humaine qui se dégage tout comme les premiers rayons de soleil tant attendus...
29 avril 2008
COMME UN RIDEAU DE THEATRE
Une fois
de plus voilà une nouvelle journée sans soleil : une pluie ardente ne cesse de
tomber depuis les premières lueurs du jour, si jamais le terme jour peut être
qualifié comme tel étant donné que le ciel est encombré d'un vaste amas de
nuages gris. Inutile donc de se balader à l'air frais pour aujourd'hui,
d'autant plus qu'il ne fait pas si chaud que ça. Quand bien même, nous sommes
en avril, et il faudrait revêtir ses habits d'hiver ? Alors que l'année
dernière à la même époque il faisait beau et chaud, et les terrasses de café
étaient bondées. Rien qu'à évoquer cette pensée ça met le moral à zéro.
Après sa journée de travail il retourna chez ses parents avec un gros sac de patisseries où s'entassaient ça et là pains au chocolat, croissants, brioches sucrées et autres pains aux raisins. Il avait également une boîte qui contenait deux tartes à la fraise, deux éclairs au café et deux mille-feuilles. Une jolie fourniture de desserts qui ravivèrent autant les yeux de sa mère que le ventre de son père!
Il
s'éclipsa dans sa chambre, mit en marche sa mini-chaîne pour qu'elle lise un
mix tech-house qu'il avait téléchargé la veille sur le site d'un de ses labels
favoris et s'imprégna de l'atmosphère créée pour s'étirer les bras et le dos.
Il écarta le rideau de sa baie vitrée pour contempler avec lassitude la pluie
qui tombait toujours. Poussant un soupir de résignation il se décida à rester
tranquillement dans sa chambre au lieu d'aller boire un verre en ville avec des
proches. La pluie le démoralisait.
Toujours les yeux rivés sur le jardin il ne put s'empêcher de penser au mois qui venait de s'écouler. Un week-end à Paris mémorable, voilà ce qu'il en retenait. Le reste, c'était la routine : la vie étudiante et la fin des cours. Il se sentit au bout d'un moment mélancolique, presque triste : l'impression de ne pas avancer dans sa vie, l'impression de tourner en rond alors que son parcours scolaire, personnel et artistique continuait de faire leur chemin. Et c'est en relativisant qu'il pensa à cette nouvelle rencontre qui le subjuguait depuis quelques jours. Cette merveilleuse rencontre qui lui donnait le sourire. C'était d'elle qu'il avait peut-être besoin. J'ai besoin d'une nouvelle impulsion dans ma vie, et je suis certain que ça sera elle, autant séduit par sa richesse intérieure que son charme intérieur. Elle est unique, et mon âme gravite déjà autour d'elle.
28 avril 2008
LA JEUNE FEMME AUX YEUX VERTS
Elle est assise en tailleur dans
sa chambre, l’esprit encore envoûté de sa voix. Elle a les yeux fixés au
plafond, un sourire niais faisant de son visage la marque du bonheur retrouvé.
Elle doit impérativement terminer une lettre de motivation pour demain, mais
pour le moment elle ne peut plus réfléchir. Elle pense à lui, à ce qu’il vient
de dire, et ne cesse de se demander si elle doit lui dire de venir pendant la
journée qu’il a décidée. Elle sait très bien que ça puisse être considéré comme
tôt, mais comment vouloir attendre alors qu’il semble pour le moment tellement
attachant. Bien sûr, c’est très facile de se faire un point de vue tout fait.
Mais il semble si unique en son genre qu’elle ne sait plus quoi faire.
Elle entend sonner son portable, lis le message qu’elle vient de recevoir, et regarde le plafond de sa chambre avec un sourire encore plus prononcé qu’avant : « Suis-je déjà condamnée à continuer de m’attacher à toi ? »
27 avril 2008
AU PARC
La journée est magnifique. Il y a bien longtemps que le
temps n’avait pas été aussi radieux en cette époque de l’année. Pas un nuage
dans le ciel, et une température qui permet aux cafés et bars de faire monter
leur chiffre d’affaires qui ces derniers jours faisaient grise mine. Les gens
se promènent avec leurs enfants, des sourires maquillants leur visage de joie.
Les adolescents se retrouvent en groupes et discutent aussi bien face à face
que connectés à leur téléphone portable relié à un réseau alors que quelques
grand-mères bienveillantes surveillent leur petits-enfants jouant dans une aire
de jeu au sein du parc, à l’abri sous des saules pleureurs, protégés de la
chaleur.
Ils sont tous les deux allongés sur le dos sur l’herbe du
parc, les yeux fermés et humant l’air ambiant des parterres de fleurs situés
non loin de là. De ces diverses odeurs se dégage une fraîcheur agréable qui
fait du bien aux poumons trop habitués aux cigarettes et à la pollution
urbaine. Ils sont ici depuis une bonne heure, ne se parlent pas, apprécient le
moment présent.
Ils ouvrent les yeux, penchent la tête de côté pour se
regarder, sourissent. La jeune femme aux yeux verts caresse tendrement le bras
du jeune homme aux yeux bleus. Ils sont complices. C’est certain. Ils sont
intimes, c’est une évidence. Le jeune homme décide alors de lui prendre la main
et de faire de même. Comme une entente cordiale, comme un élan d’affection, la
jeune femme se rapproche prestement de lui pour être à quelques centimètres de
son visage, pour mieux le regarder, pour mieux se plonger dans ses yeux qu’elle
trouve charmants.
Ils veulent s’embrasser, ils y pensent, mais ne le font pas, par timidité surtout. Même si l’envie est palpable ils ne savent pas par où commencer. C’est pendant qu’ils tentent de trouver une approche plausible et non sans gêne qu’un petit garçon d’à peine 6 ans se plante devant eux et s’écrie gaiement « Maman regarde, des amoureux »
09 avril 2008
L'ONGLE
Dans la
calme pénombre du séjour seule la lampe de bureau trahit la présence d'une
personne. Le bruit caractéristique de doigts qui craquent et d'un dossier qui
se réajuste souligne une activité. Un crayon de papier qui va bientôt terminer
sa vie sous le joug d'une main talentueuse, sa mine poussant ses derniers
crissements sur la feuille du carnet de croquis déjà bien fourni. Des dessins
tantôt brefs, tantôt complexes, épatants de sensibilité. Des dessins personnels
aussi, comme une marque autobiographique sur ce carnet de croquis devenu carnet
de voyage à travers une vie parmi tant d'autres.
Elle relève innocemment la bretelle de son débardeur, et replace délicatement une mèche de cheveux venant lui chatouiller les cils à chaque battements de paupières. Un souffle calme, signe d'une envie de dessiner, de corriger quelques erreurs. Ses ongles dérapent quelque peu sur le papier, mais elle attend de ce dessin une réaction, une critique, un petit bout d'espoir sur lequel elle pourrait s'accrocher pour se motiver à dessiner encore plus, un petit bout d'espoir qui pourrait l'aider à lever la barre plus haut sur l'échelle de son talent. Elle dessine depuis sa tendre enfance, d'abord des visages, puis des personnages, enfin des émotions qui sont palpables dans la vie de tout les jours.
Elle
songe un instant à poser son crayon à coté et à ronger la petite peau qui
dépasse de son ongle, mais elle ne cède pas à la tentation. Si elle commence
elle ne pourra plus s'arrêter. Et ses ongles sont bien taillés. Une perfection
pareille, aux yeux d'un homme averti, ça se remarque. Et si cet homme remarque
ce détail il se rendra compte que cette jeune femme prend soin d'elle et sait
qu'elle plaît. Plaire est un atout... mais conquérir en est une autre.
Elle le
dessine. Pensif, les yeux tournés vers le ciel comme s'il regardait d'une façon
réaliste le monde qui tourne en désuétude. Un regard lourd de sens, tout comme
ses paroles la fois où ils avaient couché ensemble. En pleine montée d'orgasme
elle avait senti qu'il s'était arrêté et avait pris son visage dans ses mains
pour lui dire " Tu es belle". Ces mots l'avaient marqué. Ses mots
avaient empourpré ses joues d'une émotion telle qu'il pouvait lire dans ses
yeux ce qu'elle voulait qu'il comprenne. Elle repense à son corps nu, couvert
de sueur, extatique sous l'effet apaisant du narguilé, ses mains telles des
plumes maquillant son corps d'une tendresse jamais inégalée auparavant. Ses
lèvres chaudes embrasant son sexe de plaisir, couvrant son cou d'un manteau de
salive. Son parfum qu'elle connaissait parfaitement l'enivrant de telle sorte
qu'elle refermait son emprise sur lui à chaque mouvement lors de leur ébat
sexuel.
Ce souvenir la fait sourire et elle réalise qu'elle a marqué son prénom sur son dessin. Elle tourne alors son regard vers une photo de lui dans un cadre sur le bureau. Elle caresse doucement la photo de sa main libre et sourit, murmurant parmi le silence "tu me manques toi"...

