Blue-Eyed Boy's Diary

Le journal intime d'un jeune homme passionné par l'écriture, une de ses nombreuses passions, écrits sur sa vie du moment et ses projets.

18 octobre 2009

qANUUM

Régenter ses propres convictions en la foi de la conjugaison de l'avancée technologique et des progrès incontestables d'une humeur optimiste est la seule façon de s'investir pleinement dans la création et la réflexion intempestive pour les créateurs et les chercheurs. La science-fiction pourrait devenir un terme désuet face à la prouesse nanophysique et écologique nappant les multinationales technologiques d'un regard enclin à la consommation pour les plus passionnés. Ce n'est pas la lutte effrennée du tout-numérique, mais l'invitation à une consommation utile qui, sans avoir lu une notice au préalable, nous permet de nous situer, de trouver des endroits, d'être joignable, d'épouser un sentiment de disponibilité à n'importe quel moment, n'importe quand. L'année prochaine annonce sans sondage particulier une nouvelle décenie qui va propulser nos vies au coeur d'une multitude d'objets technologiques...

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06 septembre 2009

FURTHER

Une troisième saison faite sur le littoral Nord breton, puis un séjour dans la capitale. Le mouvement est toujours présent, en n’importe quelle circonstance. Car il est bien question d’un engouement sans cesse mis à jour, d’une montée d’excitation, et de découvertes faites parmi toutes ces expériences vécues et interprétées seul ou accompagné.

Je ne peux pas passer ma vie en tant que casanier. Nous naissons, nous évoluons dans différentes sphères, sociales, familiales, sentimentales, que nous traversons avec l’âge avec plus ou moins de facilité, avec plus ou moins d’épreuves. Suivant ce qu’il s’y passe, nos chemins de vies prennent de multiples directions. Mais nous serons tous d’accord pour nous accorder sur un schéma qu’en France du moins nous suivons : la vie scolaire est une étape cruciale pour nous insérer dans la vie professionnelle. Maternelle, Primaire, Collège, Lycée, Ecole ou Université.

J’ai, sans aucun doute, du mal à voir ma vie selon un principe de stabilité. J’ai du mal à m’imaginer dans un travail alors que la succession de classes que j’ai traversé, de la première année de maternelle à la dernière année d’université, m’entraîne dans une évolution croissante de connaissances. On prend de l’importance, et subitement voilà que tout est terminé. Le métier, la vie active, ce que l’on fait pour gagner un salaire, ne résulterait qu’à l’aboutissement de cette évolution scolaire. Nous étudions chaque année pour passer à la classe supérieure, pour augmenter notre importance, pour « réussir dans la vie ». Mais la vie en elle-même n’est-elle pas une réussite, ne devons-nous pas nous réjouir d’être en vie et de pouvoir profiter de chaque instant, de chaque respiration ordonnée par notre cœur si fragile ?

Je ne suis pas un gourmand de nature, quoique la curiosité m’emporte souvent à des réflexions si complexes que je me demande un instant si je deviens complètement fou où si je dois me poser ces réflexions à mon âge. Le problème est qu’après l’école arrive la vie active. Mais une fois en plein travail, où sera cette évolution ? Je vais devoir travailler une bonne quarantaine d’années, dans le même domaine, en faisant presque les mêmes choses, avec rigueur, dans le même endroit ?

Ca me fait vraiment peur.

Ca n’est pas ma vision des choses. Plus jeune oui, certainement. Mais à 23 ans aujourd’hui, je ne suis plus aussi enthousiaste.

J’ai besoin de plus. J’ai besoin d’évolution. Constamment. Les battements accélérés de mon cœur, la respiration qui se bloque, l’émerveillement qui en résulte. J’ai besoin de toutes ces émotions, et j’en redemande, j’en veux plus. Et contre toute attente, un verbe requiert depuis ces dernières années toute ma concentration : voyager.

Serait-ce, petit, les romans de Jules Verne qui me motivèrent plus tard à anticiper les choses ? A vouloir voir au-delà du présent, à modeler cet avenir qui, même sans y prêter attention, se meut à chaque seconde ? Où les bandes-dessinées de Tintin ?

Ceci étant dit, j’ai passé mon adolescence par ici, dans ces terres bretonnes, avec mon entourage, à connaître les joies des moments en famille et les libertés qui s’accumulaient au fur et à mesure que je grandissais. Les premières sorties, les premières copines, les premiers coups de gueules, les premiers textes. Basé essentiellement à Saint-Cast, j’y ai découvert la vitesse. En VTT, tout d’abord, à monter et descendre des côtes. Eté 2002, 2003, des périodes estivales qui gravèrent en moi toute une ribambelle de couleurs, de visages, de souvenirs.

Puis petit à petit ce nœud à l’estomac. Discret, mais bien présent. Comme une petite voix au tréfonds de mon âme qui me dit d’aller voir ailleurs. « Je veux bien, mais aller voir quoi ? »

Aller voir Paris. Mai 2006. Comme une panacée, mon état d’esprit de l’époque sentait la déprime et la perte de motivation. De quoi, je ne saurais le dire. Mais je fanais. Telle une fleur, j’avais besoin d’air, d’oxygène. Contradictoire parmi la circulation polluée des transports en communs de la capitale, mais quand bien même. J’ai eu besoin de bouger, et la semaine passée là-bas m’a démontré que ce périple m’avait fait du bien. Aller loin pour aller mieux, finalement ce n’est pas si mal. La vitesse, le TGV, pour m’emmener plus loin. Sentiment de bien-être.

Puis Janvier 2008. Dijon. Comme si j’abattais des frontières. J’allais plus loin. Ma curiosité s’épanouissait de tant de choses. Une semaine où mon moral retrouva une force d’acier. Et je compris que je ne pourrais plus jamais vivre sans bouger.

Le Tour d’Europe que j’entrepris en septembre 2008 me fit perdre la tête. Beaucoup de réflexions arrivèrent, des prises de consciences, des changements. Comment critiquer la France alors qu’il y a des pays où beaucoup de gens aux vies « aisées » se sentiraient mal à l’aise en voyant la pauvreté du luxe d’un appartement rongé par le temps et les araignées ?

J’aime bouger, voyager, découvrir de nouvelles choses. Je ne peux pas concevoir un instant ma vie sans ça. Rester dans un seul et même endroit toute ma vie… non merci. La routine ce n’est pas pour moi. Il y a tant de choses à découvrir, à ressentir, … à vivre !

Vitesse, mouvement, évolution, curiosité. Des axes importants tout au long de ma vie. Je ne cherche pas à me démarquer, mais suite à mes nombreux déplacements j’ai finalement compris que je n’étais pas casanier, mais qu’au contraire j’étais plutôt une personne qui réfléchissait « globalement ». Je vous parlerai plus tard de ma vision des choses vis-à-vis de ce terme. Mon plaisir, c’est de découvrir sans cesse, c’est de sentir cette adrénaline au fond de moi qui ne demande qu’à imploser, c’est de ressentir mon excitation au fur et à mesure que j’approche de ma destination.

Je voulais vous parler de ça car cela me touche. Je voudrais que vous compreniez que si je suis toujours à droite à gauche, ce n’est pas parce que je me sens blasé, mais qu’au contraire je ne demande qu’à vivre de nouvelles expériences. J’aime ça, vraiment. Tout est existentiel en fin de compte. Espace. Temps. Réaction. Emotion. Un moment ici, un autre là. J’ai besoin de chaque moment pour définir ma vie. Quel sera le chemin de vie que je prendrai, quel sera mon avenir… je ne souhaite qu’une chose : m’épanouir.

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11 janvier 2009

LE PETIT PEUPLE

C’est comme avoir la nette impression d’avoir découvert toute une faune microscopique dans un endroit qui ne paraissait pas en abriter une. Il serait question d’un peuple microscopique intelligent, ne mesurant pas plus de dix centimètres, vivant dans un univers totalement primitif mais qui, avec leurs visages enfantins et leurs sourires radieux, nous émerveillerait tout simplement. Ils s’agiteraient gaiement, portés par les vents, riraient de rien et s’amuseraient de tout. Et nous nous demanderions comment jouir d’un état d’esprit aussi serein qu’eux. Ce petit peuple ne connaîtrait que les joies d’un monde sans hostilité, sans prétention, sans arrogance. Ils oseraient les couleurs, porteraient haut et fort leur courage et leur bravoure, et réussiraient à trouver des technologies tout simples pour créer un monde rempli de bonheur et d’une joie de vivre résistant à tout ennui. Il faudrait pouvoir découvrir ce minuscule univers, cette bouffée d’oxygène qui ferait de nous des gens heureux de vivre. Car au-delà de toute considération ce seraient avant tout des êtres humains, remplis de bonnes intentions, et nous nous emmouracherions de leurs attentions.

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29 décembre 2008

2009

Je vous souhaite à tous, lecteurs de l'ombre, une merveilleuse nouvelle année, riche en émotions et en réussites...

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12 décembre 2008

LES INVITES

Il doit être aux alentours de 20:00. Les invités ne devraient pas tarder, même s'il faut en général compter une demi-heure après l'heure d'arrivée pour les accueillir. Je dis bien en général. Il y en a certains qui arrivent plus tôt, et bien sûr d'autres plus tard. Alors en guise de politesse, afin que chacun soit à égalité, je verse le premier verre de champagne lorsque tout le monde est arrivé. L'apéritif, ça se fait lorsque tout les invités sont là. C'est un peu la même chose que les catholiques qui se rendent à la messe le dimanche matin; non pas que je sois croyant, mais respectueux de ces traditions. Mais l'apéritif est en quelque sorte une religion: il sert à célébrer un événement, événement où les gens se réunissent. Mais qu'à cela ne tienne, pour le moment je suis seul et ma femme n'est pas tout à fait prête.

Les halogènes tamisées ainsi que les bougies disposées autour de la table qui va servir de banquet sont parfaites pour ce repas de couple. Voilà un moment que je n'ai pas vu Stéphane et Julie. Quand à Christophe et Anne cela remonte à la semaine dernière, et d'ailleurs la scène était assez comique: il y avait un bouchon pas possible autour du stade de football et les gens se pressaient pour soit rentrer chez eux, soit pour trouver une place pas très loin du parking du stade. C'est au feu rouge que nous avions aperçu Anne et Christophe dans leur voiture juste à notre gauche. Il pleuvait énormément et ma chère femme avait eu l'idée de prendre son téléphone portable pour appeler Anne, située juste à côté de nous. Il fallait le faire! Il en a été convenu d'un dîner, dîner qui va donc se faire ce soir, avec Stéphane et Julie.

J'ouvre la baie vitrée qui donne sur la terrasse du jardin. Les quelques palmiers accompagnés de yuccas donnent à la scène un air vaguement américain, surtout les canapés noirs disposés autour d'une table au design prononcé, une virgule de verre tenue par deux trépieds du même matériau. Les petites enceintes discrètes situées aux quatre coins de la terrasse diffusent cet album de Nor Elle que je trouve absolument somptueux, donnant réponse aux six autres petites enceintes disposées un peu plus loin, autour de la piscine entourée de marbre blanc qui surplombe la ville ici-bas. La propriété avait coûté cher, mais la vue n'avait vraiment pas de prix.

" Mon amour tu es où?"

C'est la voix de ma femme. Je passe ma tête par la baie vitrée et lui dit :

" Je suis là mon ange.
_ Tout est prêt, c'est bon ?
_ Oui rassure-toi, il n'y a plus qu'à les attendre. Tu veux fumer une cigarette avec moi ?
_ Non ça ira je te remercie. Je vais m'installer dans le canapé du salon en attendant, tu me rejoindras ?
_ Oui, je me dépêche.. à tout de suite
_ A tout de suite mon amour.."

Elle a sorti le grand jeu ma femme ce soir. Petite robe noire près du corps, petites chaussures à talons, et un serre-tête de la même couleur. Elle est diablement mignonne, et c'est comme ça tout les jours. Je suis vraiment comblé, il faudra que je la remercie pour ça. Je veux dire, d'être avec moi et d'être resté avec moi après tant de moments passés tout les deux. Je ne pourrai pas passer ma vie sans elle. Je ne peux plus passer ma vie sans elle.

Je sors prestement un paquet de Camel de la poche de ma chemise, viens chercher une cigarette avec mes dents tout en cherchant mon briquet dans une de mes poches de pantalon et l'allume les mains devant la flamme. Je tire quelques bouffées, expire doucement la fumée tout en contemplant la vue qui s'étale devant moi. Je m'asseois dans un des canapés et tape sur ma cigarette pour que la cendre tombe dans le cendrier posé sur la table. Nor Elle m'apaise, comme si je n'étais pas assez apaisé. Qu'est-ce que je me sens bien, c'est fou.

Je suis tellement à l'écoute de l'album que je n'aperçois pas ma chère femme qui vient à ma rencontre et glisse ses mains en-dessous de ma chemise en me sussurant à l'oreille :

" Ils arrivent chéri, tu vas leur ouvrir ? "

Je lève les yeux vers elle et l'embrasse tendrement.

" J'y vais oui.. "

Elle prend ma cigarette et la termine en expirant de grosses bouffées de tabac, tout en me faisant signe de me dépêcher d'un geste de la main. Avec le coucher de soleil qui embrase le paysage la voir de cette manière c'est presque comme si j'étais en face d'une déesse me faisant signe d'aller vers mon destin. Car si elle dispose d'une allure de déesse, je ne vous parlerai pas du reste...

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13 novembre 2008

AUTOMNE

Je n’avais pas fait exprès de ne plus penser à elle. Cette période qui passe, qui laisse des traces, presque lasse. On en oublie souvent l’importance car elle fait la transition entre l’atmosphère ensoleillée que l’on connaît habituellement en juillet et en août et la période de froid à laquelle on voudrait échapper, lorsque la nuit tombe en fin d’après-midi. Parce que l’automne arrive dès la fin du mois de septembre, elle nous emmène tout en douceur dans ce cadre de couleurs mordorées qui redonnent vie, sans vouloir faire d’euphémisme, à ces arbres trônant non sans honte dans chaque campagne, chaque forêt.

Ces couleurs oscillant entre l’orange, le rouge, le jaune ou le marron que l’on aperçoit lorsqu’on se noie dans ses pensées, la tête bloquée par le double-vitrage du TER ou le visage concentré sur la quatre-voies qui mène à Saint-Brieuc. Elles attirent l’attention, car elles seules sont la définition la plus simple de cette saison-transition synonyme de rentrée. Car autant les jeunes retrouvent le chemin de l’école, autant le soleil se fait de moins en moins présent. Et si certaines personnes en oublient presque le rythme des saisons, il est facile de se repérer quand on doit faire reculer sa montre d’une heure. Un instant, je dis bien un instant, une bourrasque de vent vient perturber la quiètude de cette population de chênes et de troênes jouxtant la route me ramenant chez mes parents. Je l’aperçois nettement alors que je surveille le conducteur derrière moi qui s’engage à gauche pour me dépasser : les feuilles ont bougé. Puis elles se replacent, l’air de rien. J’irai même jusqu’à les humaniser : elles sont timides. Dans ce contexte-ci ce n’est pas un vilain défaut ; c’est le charme de la saison. Et c’est le ciel qui sombre dans la pénombre, et c’est la lumière qui décline et ne fait plus aucun signe, et c’est la nuit qui s’installe.

Intervalle préféré de mes longues journées qui ne cesse de me surprendre. J’aime conduire lorsqu’il fait nuit, mais le spectacle qui s’offre à moi est un tel événement qu’il serait coupable de le prendre en photo : un coucher de soleil remplissant le ciel de volutes roses et violettes, une magie irrésistible qu’il me plaît à contempler en cette région qu’est la Bretagne. Un dernier éclat de couleur dans la noirceur liquide qu’est devenu la voûte de cette partie du globe et c’est la nuit qui m’englobe dans un état d’esprit mélancolique. De la couleur des végétaux à celle du crépuscule, il faut prendre le temps de regarder la nature qui se transforme et se métamorphose. En forme et en osmose…chloroforme et saccharose…

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29 octobre 2008

AKHIM

Sabar s’ébroue et secoue ses pattes pour les délester d’un quelconque poids imaginaire. Il est vrai que cela fait plus de dix heures qu’il n’a cessé de marcher dans cet espace de clarté infinie, espace de chaleur qui n’en finit pas et où le soleil semble prendre un malin plaisir à le rendre aussi suffoquant que possible. Presque inadapté pour que des humains y vivent. Et pourtant certains y campent la nuit, puisqu’il n’y a aucune ville à proximité, aucun moyen de trouver de l’eau ou des vivres. Quant aux moyens de communications il est impossible de joindre autrui : le réseau ne passe pas par ici. Et c’est une question que vraiment peu de personnes se posent lorsqu’elles partent aussi longtemps.

Akhim remet en place son turban pour ne pas respirer la poussière de sable qui s’élève des chameaux de devant. Il fait moins lourd que d’habitude mais trouver une source d’eau s’avère désormais une priorité absolue en cette longue traversée. Mustafah, le chef de la troupe, a pourtant bien expliqué qu’avec la vitesse qu’ils gardent ils devraient atteindre leur destination d’ici un à deux jours. Mais le désert peut réveler bien des caprices. Et les chameaux pourraient bien ne pas terminer la traversée. C’est un risque, comme il en existe par ici. Le pire serait de tomber sur une tribu affamée, vivant reclue dans une cachette improvisée au sein même d’une dune. Cela ne serait pas étonnant puisque apparemment il y aurait une recrudescence de vol au sein de villages alentours. Mais quand bien même, ces voleurs pourraient aussi découper les montures pour en vendre la peau et manger la chair. Le désert, c’est un peu l’aube de la mort si l’on y reste longtemps. Avec le soleil et le manque de nourriture il est facile de se déshydrater et de perdre connaissance, sinon la vie.

Akhim sent les rayons du soleil traverser son turban pour réchauffer son crâne. Il reserre un peu plus la bride de Sabar pour que celui-ci marche un peu plus vite, afin de ne pas rester en fin de groupe. Etre à la traîne ralentirait la procession de chameaux, et donc augmenterait le temps qui les sépare de la destination. Mustafah connaît bien son équipe, et aime tenir ses engagements. Surtout lorsque ces engagements concernent la livraison de biens inestimables qui doivent servir d’études pour un cabinet de sciences de grande envergure. Si jamais ces biens devaient être perdus, se serait une catastrophe pour l’ensemble de la communauté. Tant de choses ont été détruites qu’il serait dommage d’en perdre encore d’autres après cette terrible tragédie qui est arrivée il y a de cela plus de deux mois : un vaisseau extra-terrestre avec à son bord un curieux petit alien aux yeux concaves décédé dans l’accident. L’affaire s’est ébruitée au village et le gouvernement souhaite récupérer le vaisseau ainsi que son « contenu ». Mais Mustafah sait très bien qu’ils ne pourront pas gagner quelque chose en coopérant, c’est pour cette raison qu’il a préféré que l’on prenne le corps de l’alien et les objets se trouvant à bord pour le donner à leur mécène qui lui leur donnera une grande récompense : un aller simple pour la Grèce. Quand le sable deviendra mer, Akhim pourra recommencer une nouvelle vie, loin de cette matière qui s’insinue partout et ensable peu à peu son village natal.

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25 octobre 2008

FOOTING PART 2

La première chose qu’il est aisé de remarquer une fois arrivé sur le boulevard c’est le coefficient élevé de la mer, mordant une bonne partie de la plage sous son écume moussante. Quelques mouettes téméraires profitent de cette occasion pour tenter d’extirper des vers du sable mouillé alors que la mer se retire, éblouissante sous la lumière ardente du soleil qui chauffe déjà cette matinée d’octobre qui devrait logiquement être douce. L’automne cette année est une période qui semble rattraper un été plutôt nuageux, tout comme l’été d’avant, et c’est ici que l’expression été indien prend tout son sens. Un temps d’arrière-saison qui ravive une ambiance calme et propice au repos, un temps qui casse le divorce entre travail et bonne humeur. D’ailleurs, même si en ce moment Marc a beaucoup de travail avec ses études un week-end sur la côte n’est pas négligeable, bien au contraire. Il n’est pas non plus nécessaire de porter des lunettes de soleil pour reprendre le footing et courir sur la plage : la mer ne permet pas de souiller le sable de pas amateurs ni de fondre son écoute sous le clapotis des vagues bretonnes. Baigner son visage dans les rayons du soleil tout en courant relève plus du délice qu’une gêne. Courir sur la liaison piétonne reliant le boulevard de la mer au port tout en ayant la mer à ses pieds est un pur plaisir.


Reprendre son souffle, réguler sa respiration, prendre le contrôle de son corps et ressentir les pulsations de son cœur, c’est tout un exercice de maîtrise de soi. Marc le sait très bien, c’est pour cette raison qu’il redoute toujours de courir lorsqu’il ne l’a pas fait depuis longtemps. Bien qu’endurant il est toujours question après une période d’absence de se remettre dans le bain. Mais le bain en question ne lui pose aucun problème. Après une demi-heure de course c’est lui qu’il reprend en main et se sent en confiance. Il inspire et expire sans problème, sans qu’on entende un essoufflement qui indiquerait une pointe de côté ou quelque chose de ce genre. Car derrière le simple fait de faire un footing un dimanche matin en automne il y a plus que ça. Tout d’abord le fait de recouvrir la forme et l’endurance, pour être en bonne santé et surtout constater que le fait de ne plus fumer ( car arrêter de fumer se révèle une étape positive ) motive cette volonté de vouloir aller plus loin, de vivre plus longtemps et de profiter de chaque moment sans avoir cette irrépréssible envie de tenir une cigarette entre ses deux doigts. Après cette question physique il y a cette volonté de fer de courir de plus en plus longtemps, sur une plus longue distance. Pour ce recommencement Marc préfère garder son chemin habituel. Mais il y aura un moment où il prendra plus de temps pour courir plus longuement. C’est l’évolution. Chercher à se surpasser, non pas pour être parfait mais pour augmenter l’estime de soi.

Enfin il y a toute cette mécanique du corps qu’on sent fonctionner et qu’on peut maîtriser, tous ces rouages de muscles, d’os. Courir n’est pas un exercice qui demande une concentration temporaire mais une concentration permanente : souffle, vitesse, obstacles à éviter, adhérence. Chaque seconde qui passe devient une donnée de plus à analyser pour l’esprit, à savoir si tout se passe bien, si la vitesse peut augmenter ou s’il faut baisser le rythme, autant d’équations qui se résolvent dans le temps et l’espace. La finalité, lorsqu’on a terminé de courir, c’est de réaliser la distance parcourue, le temps effectué et l’énergie dépensée alors qu’on est à bout de souffle. Et de se complaire dans l’image d’un jeune homme qui prend du temps pour soi tout en prenant soin de lui. De reprendre son souffle avec cette image devant les yeux d’une mer scintillante qui va et vient, luisante sous les rayons du soleil. De sourire à ce spectacle naturel et de réaliser que c’est une chance d’habiter près de la côte. Marc sort ses clés de sa poche, s’essuit une dernière fois le front d’un revers de manche et rejoint sa voiture, avec le sentiment d’une bonne action accomplie.

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11 octobre 2008

L'INTERET

Qu’est-ce qui semble nous différencier des autres ? Je veux dire, les autres dans un cas général. Il y a les autres et les autres, et c’est tout ceci qui marque une césure entre le fait de vivre une vie tout ce qu’il y a de plus normal et vivre une vie qui implique des événements, des choix, des buts ou tout simplement le fait de prendre des décisions. Il y a des gens, peut-être vous, qui naissent avec un certain privilège, pouvant accéder directement à une éducation spéciale et pouvant par la même occasion réussir dans la vie. Bien gagner sa vie financièrement, fonder une famille, assurer sa retraite. Il y a d’autres personnes qui naissent sans ces privilèges mais font montre d’un certain talent, d’une certaine ambition assurant une vie réussie dans les mêmes domaines. Mais ces gens-là, même si je ne les écarte pas de ce chemin de vie que l’on nomme sans prétention une existence bien construite, je n’éprouve pas un fort intérêt à aller vers eux. Nous avons pourtant des points communs : faire des études pour obtenir un métier, avoir des relations familiales et amicales pour entretenir un entourage, sortir pour aller manger dans un restaurant ou aller voir un film au cinéma, ou encore de faire la fête avec quelques bouteilles d’alcool autour d’un apéritif improvisé.

Ce qui me tient en haleine c’est ce potentiel formidable que je découvre jour après jour, dans la complexité des journées qui s’enchaînent, dans cette société qui s’articule autour de plusieurs thèmes, qu’ils soient manuels ou intelectuels. Ce qui me plaît, ce qui m’exalte, c’est le fait de ressentir des choses à un niveau beaucoup plus intense qu’une simple découverte ou une simple connaissance. Lorsqu’on se sent captivé, en admiration ou en contemplation devant quelque chose, au fond de nous il y a quelque chose qui se développe. C’est ce magnifique processus, qui est à la portée de tous, que certaines personnes ressentent. Il existe un mot dans le dictionnaire qui représente cet état, mot qui de nos jours est galvaudé et beaucoup trop utilisé alors qu’il existe des interprétations diverses pour décrire ce que nous pouvons ressentir : Passion. Il est encore trop tôt pour que je puisse philosopher sur ce mot car d’une part je ne me suis pas renseigné sur ses différentes approches et d’autre part car mon ambition sur les mots me force à pousser ma réflexion au-delà d’une simple définition. Mais, je franchis le pas, je suis en admiration lorsque je rencontre ou me documente sur des personnes qui sont passionnées, qui créent. Qui pensent des choses et les fabriquent. C’est ainsi depuis la nuit des temps, au temps du feu et des hommes préhistoriques lorsqu’ils utilisaient des morceaux de bois comme arme pour tuer des animaux ou pour également faire naître un feu ardent. Je ne suis pas historien ni anthropologue, ceci n’est pas mon domaine je le conçois. Mais j’ai utilisé cette image afin de vous montrer à quel point la création est importante dans notre société. J’y éprouve un vif intérêt, et je ne suis heureusement pas le seul. De cette manière, que ce soit dans la rédaction, la peinture, la sculpture, la musique, et bien d’autres, le fait de créer des choses force mon admiration.

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02 octobre 2008

EN CE MOMENT...

J’ai envie de passer du temps avec une jeune femme. C’est, je crois, ce que je souhaite en ce moment. Voilà un moment que je n’avais pas ressenti de la solitude, peut-être parce que j’étais en train de travailler ou trop occupé pour penser à mon célibat. Il faut dire aussi que j’ai souvent la tête à entreprendre de nouvelles choses, à réfléchir consciencieusement à ce que je peux faire pour aller plus loin dans mes projets. Du coup réaliser le célibat devient une petite parcelle invisible dans mes pensées et je n’y prête pas attention. Mais avec la rentrée, le fait de reprendre les cours, de reprendre quelque part un train de vie non pas routinier mais s’y prêtant presque, j’ai du temps pour asseoir mes pensées et celles-ci prennent une grande part dans mes réflexions.

Pourtant me direz-vous cela ne fait pas si longtemps que je suis célibataire. Ma dernière relation s’est terminée au début du mois de juillet. Elle a duré à peine deux mois, autant dire que deux mois ce n’est rien pour vraiment s’accrocher à une fille même si les sentiments étaient là. Et tout ce désir, cette affection et cet amour que je n’ai pas pu donner restent en moi ; j’ai à cet instant l’image d’un pauvre cœur qui ne demande qu’à battre avec l’intensité d’une relation, affublé d’un post-it sur lequel serait marqué « prêt-à-porter » ou encore « cherche amour en cdi ». Je ne suis pas à plaindre car d’autres sont dans un état à ne plus savoir quoi faire, à vouloir chercher quelqu’un à tout prix. Je peux profiter, sortir à loisir et faire ce que je souhaite, me divertir et me faire plaisir.

Pourtant quelque part au fond de moi je ressens un manque. C’est un fait. Tenir la main de sa partenaire, faire des sorties avec elle, dormir à ses côtés, la prendre dans ses bras et l’embrasser… Ca me manque énormément. Alors je patiente, je me réconforte tant que je peux, je me change les idées. Je suis amoureux de ma vie, mais avec quelqu’un dedans ça serait encore mieux.

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